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Littérature et essais

Louvre de Josselin Guillois, une visite romanesque du musée

Ce qu’il y a de bien avec le confinement (restons positifs, il faut bien lui trouver des avantages), c’est que les plus grands musées du monde offrent aux internautes des excursions virtuelles dans leurs salles. Si l’idée est ingénieuse, les férus de lecture que nous sommes, avons décidé de (re)découvrir l’un d’entre eux… en littérature ! Un après-midi au Louvre avec Josselin Guillois, ça tente quelqu’un ?

Tags: récit historique

La National Gallery of Art à Washington, le MoMA à New-York, le musée Van Gogh à Amsterdam, le British Museum à Londres et bien sûr Le Louvre à Paris ! Les musées du monde entier se serrent les coudes pour offrir gratuitement aux internautes des sorties culturelles virtuelles. N’est-il pas extraordinaire de pouvoir visualiser les œuvres des plus grands artistes du monde tout en restant assis sur son canapé ?

Ainsi, peu importe l’endroit où nous nous trouvons sur la planète, nous pouvons arpenter les couloirs de musées que nous ne pouvions qu’imaginer jusque-là. Mais si internet est un outil magique, n’oublions pas que les livres le sont tout autant. C’est ainsi que Louvre propose à ses lecteurs de (re)découvrir de nombreuses œuvres abritées par le musée à travers ses pages.

Louvre Josselin Guillois

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Paru aux éditions Le Seuil en août 2019, Louvre est le premier roman de Josselin Guillois. Avec son titre, impossible de se méprendre sur la thématique de l’ouvrage. Mêlant avec justesse, fiction et faits historiques, le jeune auteur entraîne son lecteur sur les traces des chefs d’œuvre abrités par le célèbre musée parisien.

Le Louvre dans la tourmente : entre histoire et fiction

Si le Louvre est actuellement fermé à tous les visiteurs, ce n’est pas la première fois de son histoire que le musée se retrouve dans cette situation. En effet, Josselin Guillois nous ramène au siècle dernier, en pleine seconde guerre mondiale. Mais on vous rassure, rien d’angoissant là-dedans. La guerre n’est que la trame de fond du roman, elle n’en est pas l’essence. Ce sont les œuvres qui sont, ici, au centre de toutes les attentions.

Louvre Josselin Guillois

Takashi image/Sutterstock.com

En effet, alors que les allemands envahissent Paris, Jacques Jaujard se démène pour que ces derniers ne mettent jamais la main sur les trésors du Louvre… Cet homme n’est autre que l’un des plus grands directeurs que le Louvre ait connu jusqu’à maintenant. La visite que Guillois propose est donc bien particulière, elle ne sera pas de tout repos, vous êtes prévenus. Le roman est en mouvement permanent ce qui se prête particulièrement bien à une visite guidée. Allons-y !

Un roman à trois voix

Si le roman tourne autour des œuvres du Louvre et de son directeur, Guillois se montre original dans la manière de raconter son histoire. Ici, intervient la fiction. Ce n’est pas directement la voix de Jaujard qui raconte les œuvres mais celles des femmes qui furent proches de lui : son épouse, sa filleule et sa maîtresse. C’est à travers leurs regards que nous observons alors les œuvres d’art.

Le roman fait alors office d’une sorte d’inventaire. Nous découvrons les chefs d’œuvre du Louvre à travers le défilé de camions qui roulent, de nuit, en direction du château de Chambord. C’est là que les trésors du musée seront temporairement stockés. Guillois recèle d’ingéniosité pour présenter les peintures et les sculptures à ses lecteurs. A travers le regard de trois femmes d’âges différents, il mélange adroitement faits historiques, histoire de l’Art et sensualité artistique.

Le Louvre sous un angle inédit

De Gustave Courbet à Léonard de Vinci en passant par Théodore Géricault, beaucoup de tableaux font l’objet de micro-analyses. « Mais chut car voilà Monsieur Georges de La Tour, voilà le Nouveau-Né. La mère la nuit le feu le lait la sueur l’ombre rouge. Une femme devenue jeune maman tient un bébé dans ses bras. Le bébé est tout emmailloté, tout dans la lumière. Il n’a pas encore de sourcils… il était un temps de mon corps où je n’avais pas encore de sourcils… Il n’a pas non plus de cheveux, il ne les a pas encore ; c’est bébé Jésus, il est sorti de Marie sans cheveux, le crâne mou et dégarni, trop jeune pour avoir des cheveux. Son front, son tout petit front présente des perles de transpiration, je n’avais jamais remarqué. « Il vient de téter, on dirait » Jacques acquiesce. Marie, tu as offert la tétée, et tu as rattaché ta robe rouge. Fragilité de la vie, essence divine de l’enfant, perfection lisse de la surface peinte. »

Incapables d’exprimer leurs pensées avec des mots, les figures féminines du roman utilisent alors les tableaux pour mettre des images sur cette intimité avec laquelle elles ne sont pas très à l’aise. L’obsession de leurs corps transforme alors les tableaux en art sensuel et noue un lien indissociable entre la fécondité, la puberté, la maternité puis inévitablement la mort.

Quelques détails historiques erronés pourront faire tiquer un lecteur averti mais la balade reste instructive. A n’en point douter que les plus curieux taperont sur Google le titre des tableaux évoqués au fil des pages afin de les découvrir avec un nouvel œil. Toutes les œuvres du Louvre ne sont évidemment pas citées mais le roman offre un large panel qui devrait permettre aux lecteurs d’assouvir leur curiosité… et ce, même confinés ou à l’autre bout du monde !

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Article par Manon De Miranda

Amoureuse du voyage depuis son année d’expatriation en terres celtiques, Manon continue d’assouvir sa passion à travers les pages des livres qu'elle dévore. Mordue de lecture depuis sa tendre enfance, elle est responsable éditoriale pour le blog de Lireka.

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