Comprendre Hiroshima et Nagasaki avec La Bombe : une BD de Rodier, Alcante et Bollée

Le 6 août 1945, la face du monde changeait, irrémédiablement, dans un bruit sourd et un épais nuage de fumée. La première bombe atomique venait d’exploser à Hiroshima. La seconde ravagea Nagasaki quelques jours plus tard. Dans La Bombe, une BD parue chez Glénat, Denis Rodier met en images les textes saisissants de Alcante et Bollée pour nous expliquer le fil des événements ayant conduit à cette catastrophe sans précédent…

À quelques jours du 75ème anniversaire des explosions nucléaires qui marquèrent un tournant dans l’histoire de l’humanité, nous vous proposons d’analyser et comprendre ces événements à travers une bande dessinée documentaire scénarisée par Alcante et Bollée et illustrée par le québécois, Denis Rodier. Parue le 4 mars dernier aux éditions Glénat, la BD La Bombe retrace avec véracité tous les moments cruciaux qui ont précédé le 6 août 1945, une journée rendue tristement célèbre par l’inauguration de l’utilisation de la bombe atomique.

Il est 7h09, heure locale, quand un avion américain, baptisé Enola Gay, survole Hiroshima ce fameux 6 août 1945. À son bord, une bombe recouverte d’injures à l’attention des Japonais est transportée avec prudence. Elle sera larguée à 8h30, explosera dans le ciel 43 secondes plus tard et rasera instantanément la ville. Aujourd’hui encore, il est impossible de dénombrer le total exact du nombre de victimes…

bombe hiroshima 6 août 1945

Le 9 août 1945, c’est autour de Nagasaki de subir la folie atomique des Américains. La seconde bombe explosera dans le ciel à 11h02 et sera à peine moins meurtrière que celle d’Hiroshima. L’histoire nous apprendra que Nagasaki n’était pas la ville visée, mais qu’à cause du mauvais temps, les pilotes du Bockscar avaient dû rebrousser chemin une fois arrivée à Kokura, leur cible initiale. Mais peu importe finalement, désormais, la face du monde ne sera plus la même…

« Le monde est ce qu’il est, c’est-à-dire peu de chose » déclara Albert Camus dans une tribune publiée le 8 août 1945 dans Combat, le journal qu’il dirigeait alors. Pendant que les Européens et les Américains se félicitent de cette victoire qui amènera le Japon à capituler mettant ainsi, définitivement, fin à la Seconde Guerre mondiale, l’auteur français s’interroge. Alors que le monde vient de changer de manière irrémédiable, personne ne semble se rendre compte des conséquences que l’utilisation des armes nucléaires vont engendrer. Sidéré, Camus tentera de faire réagir ses lecteurs : « Devant les perspectives terrifiantes qui s’ouvrent à l’humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d’être mené. Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison ».

Comment a-t-on pu en arriver là ? C’est une question que beaucoup d’historiens et d’auteurs essaieront de résoudre par-delà les années qui suivirent ces deux explosions nucléaires. Si certaines zones d’ombre ont été éclaircies avec