Que vaut l’adaptation Netflix de la série des livres Heartstopper ?

Avant de devenir une adaptation Netflix à succès, Heartstopper était une série de romans graphiques signée Alice Oseman. Véritable phénomène de société, les huit premiers épisodes ont affolé la plateforme de streaming et déchaîné les passions des lecteurs… Mais que vaut vraiment cette nouvelle série ?

Depuis le 22 avril dernier, les lecteurs d’Alice Oseman ont pu (re)découvrir leurs héros préférés sous un nouvel angle… En effet, depuis sa diffusion sur Netflix, Heartstopper agite le cœur des adolescents et met en ébullition leurs hormones. Il faut dire que cette série a tout pour leur plaire ! Aussi inspirante que réconfortante, Heartstopper fait partie de ces histoires feel-good qu’on ne se lasse pas de lire encore et encore…

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Adaptation d’un webcomic diffusé en ligne dès 2016, la série graphique Heartstopper d’Alice Oseman compte déjà quatre tomes (bientôt cinq – date de parution à venir) et fait battre le cœur des adolescents au même rythme effréné que ceux de Nick et Charlie, les héros de l’histoire. Livre sur l’amitié ou roman d’amour – peu importe finalement ! – comme on voit encore assez peu, Heartstopper bouscule les codes de la littérature adolescente pour ancrer son histoire dans les problématiques de notre société contemporaine.

Hearstopper c’est l’histoire de deux lycéens : Nick et Charlie. L’un est un rugbyman au sourire solaire tandis que l’autre est un musicien au cœur solitaire. Deux êtres foncièrement différents qui n’ont rien pour s’entendre, mais tout pour s’aimer… sans encore en être conscients. Deux univers opposés les séparent, ils évoluent dans des cercles différents et ne fréquentent pas le même groupe d’amis. Et pourtant… Quand ils se retrouvent côte à côte, force est de constater que la magie opère. Mais Charlie n’est pas un garçon comme tous les autres. Il ne s’en est jamais caché, n’a jamais eu peur de le dire : ils préfèrent les garçons. Sera-t-il capable d’enfouir ses sentiments face à sa nouvelle proximité avec Nick ?

Mais là où tient le véritable coup de génie d’Alice Oseman, c’est que même si l’homophobie ou la transphobie ne sont pas absentes de cette histoire « Vous ne pouvez pas savoir si quelqu’un est gay d’après son apparence. Et gay ou hétéro ne sont pas les deux seules possibilités. Quoi qu’il en soit, c’est très impoli de spéculer sur la sexualité des gens », ces discriminations ne sont pas le moteur de Heartstopper. Ce roman graphique – puis la série Netflix – retranscrit surtout une histoire d’amour à travers le regard d’adolescents qui explorent leurs identités multiples. Un livre LGBT ? Oui et non. Heartstopper, c’est surtout une tranche de vie qui nous expose la complexité des émotions adolescentes. En bref, un roman graphique et une série Netflix qui prônent la tolérance avec une douceur incomparable.

Heartstopper ou le spin-off de L’année solitaire d’Alice Oseman

Le saviez-vous ? Si Heartstopper explore en profondeur la vie de Charlie, le personnage n’était pourtant pas inconnu des lecteurs. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il l’avait déjà rencontré dans le tout premier roman d’Alice Oseman intitulé L’année solitaire. Dans le roman, Charlie incarnait le petit frère de Tori, l’héroïne de cette histoire. S’il occupait un rôle secondaire, on pouvait déjà entrapercevoir sa romance avec Nick Nelson qui, lui aussi, y faisait une apparition. Ce qui fait, en quelque sorte, de Heartstopper un spin-off de L’année solitaire !

De quoi parle L’année solitaire ? Eh bien de Tori Spring tout simplement. Ce roman, c’est avant tout l’histoire d’une adolescente pessimiste affublée de parents absorbés par leur travail et deux frères avec des troubles psychologiques. Et pour ne rien arranger au tableau, sa meilleure amie ne cesse de s’éloigner d’elle depuis qu’elle est devenue populaire. En bref, sa nouvelle année scolaire s’annonce peu réjouissante. Enfin, ça, c’était avant que Lucas, son meilleur ami, fasse un retour tonitruant dans sa vie ! Et puis, il y a l’excentrique Michael… Un adolescent qui défie toutes les normes et qui bouscule ses idées reçues. En parallèle, une étrange association nommée « Solitaire » sème la zizanie dans les couloirs en appelant à la rébellion… Entre roman d’initiation et roman sur le mal-être adolescent, L’année solitaire décrypte les relations adolescentes avec une perspicacité étonnante !

Mais si les personnages de Nick et Charlie faisaient leur première apparition dans L’année solitaire, Heartstopper n’est pas non plus leur dernière. En effet, les lecteurs addicts se feront une joie de les retrouver dans le roman Nick et Charlie. Mais, vous vous en doutez sûrement déjà, l’heure n’est pas au beau fixe… Si Nick et Charlie forment désormais le couple idéal, sont-ils vraiment inséparables ? Alors que Nick s’apprête à entrer à l’université sans Charlie qui doit rester au lycée, l’anxiété commence insidieusement à s’installer entre les deux adolescents… Pourront-ils faire face à cette relation à distance ? Le dicton « loin des yeux, près du cœur » est-il une vérité universelle ? On vous laisse le découvrir…

Les 5 différences entre les romans graphiques et la série Heartstopper

Si, dans l’ensemble, on peut dire que l’adaptation Netflix est une réussite, les littéraires pointilleux que nous sommes n’ont pas pu s’empêcher de repérer quelques différences. On vous rassure tout de suite, elles sont minimes… En effet, très impliquée dans le processus de casting, c’est Alice Oseman qui a sélectionné les acteurs qui allaient incarner ses personnages. Elle n’a choisi que des adolescents, en majorité inconnus, en accord avec l’identité de genre et la sexualité du personnage qu’ils portaient à l’écran. L’autrice tenait à ce que la série reflète l’âme de ses romans graphiques et on peut dire que c’est plutôt réussi. Cependant, on se peut s’empêcher de trouver quelques disparités…

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Joe Locke (Nick Nelson) et Kit Connor (Charlie Spring) dans l’adaptation Netflix de Heartstopper

  1. Les personnages d’Isaac et Imogen n’existent pas dans les romans graphiques. Ils ont spécialement été créés pour l’adaptation Netflix. Dans les livres, Isaac ne fait pas partie du groupe d’amis de Charlie, mais il remplace un autre personnage : celui d’Aled. Mais Alice Oseman a expliqué ce choix scénaristique. Aled est le personnage central de son deuxième roman, Silence radio, c’est pourquoi elle a voulu garder tout son pouvoir littéraire sur lui. C’est pourquoi elle a préféré le remplacer par Isaac dans l’adaptation Netflix.
  2. La série Netflix met du temps à explorer les histoires des personnages secondaires. En effet, il faudra attendre les derniers épisodes de la saison pour approfondir la relation entre Elle et Tao notamment.
  3. En parlant de Tao ! Dans la série, elle comprend beaucoup plus rapidement que dans les romans graphiques qu’il se trame quelque chose entre Nick et Charlie. En effet, c’est lors d’un voyage scolaire en France qu’elle perce à jour leur relation.
  4. Dans les livres, les amis de Nick sont bien moins oppressants quand dans la série Netflix. En effet, à l’écran, on observe beaucoup d’intimidations et de discriminations des amis de Nick envers Charlie… ce qui beaucoup nuancé dans les romans graphiques.
  5. Dernière petite différence entre les livres et la série : la dynamique familiale de Charlie. Bien que l’on retrouve sa sœur, Tori, la série omet totalement l’existence d’Oliver, son petit frère. Si la relation fraternelle n’est pas le point d’orgue des romans graphiques d’Alice Oseman, leurs interactions donnaient, malgré tout, l’occasion d’en apprendre un peu plus sur Charlie. Peut-être le verrons-nous dans la deuxième saison… qui sait ?
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Heartstopper, série Netflix

Vous l’aurez compris, si vous n’avez pas encore lu les romans graphiques, vous n’avez plus une minute à perdre avant de (re)découvrir les personnages de Heartstopper à travers l’histoire originale imaginée par Alice Oseman !

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